Ce qu’il faut savoir, ce qu’il faut connaître : les Québécois d’expression anglaise et la difficulté d’apprendre le français dans les régions du Québec

2026 - 03 - 26

 

Résumé

 

Les Québécois d’expression anglaise vivant dans les différentes régions du Québec manifestent une volonté réelle d’apprendre et d’utiliser le français. Toutefois, plusieurs réclament une formation de meilleure qualité afin d’améliorer leur confiance dans des situations clés de la vie quotidienne et professionnelle.

Les régions du Québec ont une histoire différente de celle des centres urbains de la province en matière d’établissement, de culture et d’économie. Or, ce sont ces grands centres qui font généralement l’objet des recherches, des discussions et des programmes axés sur l’apprentissage du français. En revanche, les possibilités de formation en français dans les régions sont limitées et peuvent ne pas refléter les réalités des apprenants régionaux. Il s’agit notamment de la ruralité, de l’accès limité à Internet, d’un engagement plus important dans le travail saisonnier et d’un niveau d’alphabétisation plus faible, autant de facteurs qui peuvent entraver l’apprentissage des langues et avoir une incidence sur l’employabilité des groupes linguistiques minoritaires.

Les Québécois d’expression anglaise indiquent que leur maîtrise insuffisante du français constitue un obstacle à l’emploi. Ils font également état d’un accès inégal aux aides à l’apprentissage du français, de même que de l’influence du climat social et politique entourant l’utilisation du français. Parallèlement, leur contexte évolue : les pressions démographiques et économiques transforment la nature des emplois et des parcours éducatifs, tout en modifiant les attentes linguistiques dans les communautés et les milieux de travail au Québec. Dans ce contexte, il est nécessaire d’actualiser les données sur la manière dont les Québécois d’expression anglaise des régions apprennent et utilisent le français dans leur vie quotidienne et leur carrière.

Le présent rapport se concentre donc sur les expériences des Québécois d’expression anglaise vivant dans les régions afin de mieux comprendre leur apprentissage du français et la mise en pratique de leurs compétences linguistiques dans la vie quotidienne et professionnelle. Il présente les résultats du sondage régional sur les besoins linguistiques en français mené par la Table ronde provinciale sur l’emploi (PERT) auprès de plus de 650 Québécois d’expression anglaise. Ce sondage porte sur leurs expériences et leurs perceptions de l’apprentissage du français, de même que sur un sondage complémentaire concernant leur connaissance des évaluations linguistiques en français.

Nous examinons trois axes principaux :

  • Où les Québécois d’expression anglaise des régions ont-ils appris le français?
  • Quelles sont les motivations qui incitent les Québécois d’expression anglaise des régions à apprendre le français?
  • Quels besoins ces Québécois d’expression anglaise identifient-ils pour améliorer leur apprentissage du français?

Dans le cadre de ces questions, nous avons également interrogé les Québécois d’expression anglaise sur leur perception de leur expérience d’apprentissage du français, afin de mieux comprendre, selon leurs propres mots, ce qui a facilité ou entravé leur apprentissage. Dans l’ensemble, nous avons constaté que les Québécois d’expression anglaise des régions se montraient très motivés à apprendre le français dans le but d’accroître leur participation culturelle et de renforcer leurs liens avec leurs voisins francophones. Plus concrètement, ils cherchaient également à améliorer leur français pour accroître leur employabilité, accéder à des emplois en français et faciliter l’organisation dans la vie quotidienne au Québec.

 

Nous recommandons au gouvernement du Québec:

  1. Réviser la politique et le discours actuels en matière de formation en français afin de mieux refléter les réalités et les intérêts des apprenants québécois d’expression anglaise.
  2. Renforcer l’apprentissage du français dans les établissements et les contextes éducatifs afin d’assurer une base solide et un attachement précoce.
  3. Renforcer les possibilités de formation en français et son application dans la vie quotidienne.
  4. Renforcer la formation en français adaptée à l’inclusion économique et à l’utilisation du français au travail.
  5. Améliorer le cadre actuel de formation en français et le contenu des programmes afin d’accroître leur potentiel et leur utilisation.
  6. Améliorer l’accessibilité du cadre actuel de formation en français et du contenu des programmes afin d’en garantir la visibilité et l’adoption.
  7. Accroître la collecte et l’inclusion de données relatives à l’écosystème d’apprentissage du français afin de garantir l’applicabilité et l’utilisation continues de la formation en français.

Vous préférez un sommaire visuel ? Regardez le webinaire :