| Sta Kuzviwanza, Director of Policy & Research, Provincial Employment Roundtable
Morgan Gagnon, Interim Director of Policy & Research, Provincial Employment Roundtable
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Dans le contexte du vieillissement de la population au Québec et de la diminution du bassin de main-d’œuvre en raison des pénuries, ce rapport vise à cerner les enjeux liés à l’intégration des travailleurs âgés sur le marché du travail. Plus précisément, il explore l’intersection entre l’âgisme et l’identité linguistique au Québec, en tenant compte de la précarité socio-économique plus élevée vécue par les Québécois d’expression anglaise dans la province.
Pour explorer ces sujets, nous avons recueilli des données quantitatives du recensement du Canada, dressé un inventaire des programmes d’emploi destinés aux travailleurs âgés d’expression anglaise, et organisé des groupes de discussion avec ces travailleurs. Nos recherches nous ont montré que le chômage a tendance à augmenter à mesure que les travailleurs vieillissent au Québec. C’était le cas, quelle que soit l’identité linguistique des travailleurs d’âge mûr, ce qui indique que l’âge peut contribuer davantage à leur chômage que la langue officielle qu’ils parlent. D’autres variables que nous avons examinées, comme le taux d’activité, montrent que les travailleurs âgés d’expression anglaise ont tendance à avoir un taux d’activité plus élevé que les travailleurs âgés francophones, ce qui indique que la langue joue encore probablement un rôle important dans l’expérience des travailleurs âgés sur le marché du travail. Généralement, nous n’avons pas identifié de tendances cohérentes de précarité sur le marché du travail parmi les travailleurs âgés d’expression anglaise par rapport aux travailleurs âgés francophones. Toutefois, les indicateurs socio-économiques tels que le seuil de faible revenu montrent qu’une plus grande proportion de travailleurs d’âge mûr d’expression anglaise ont tendance à vivre sous ce seuil.
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Nos données qualitatives reflètent cette hétérogénéité. Les participants aux groupes de discussion ont partagé des expériences variées, tant positives que négatives, liées au vieillissement sur le marché du travail québécois. Lorsqu’ils discutaient de la langue, c’était souvent en relation avec le vieillissement ou l’âgisme qu’ils avaient vécu en tant que Québécois d’expression anglaise plus âgés. Pour cette raison, l’âge et l’âgisme sont devenus un thème dans les groupes de discussion. Cela contraste avec les recherches antérieures, qui ont démontré que les barrières linguistiques sont le principal obstacle à l’intégration au marché du travail pour les Québécois d’expression anglaise du Québec.1 Les différents résultats dans ce rapport concernant l’âge et la langue soulignent la nécessité de poursuivre les recherches au Québec afin de mieux comprendre comment ces facteurs influencent les résultats sur le marché du travail pour les Québécois d’expression anglaise.
Principaux Résultats
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- Les Québécois d’expression anglaise d’âge mûr ont tendance à avoir des taux d’activité plus élevés que les francophones (pour les personnes âgées de 45 ans et plus, les Québécois d’expression anglaise ont un taux d’activité de 56,2 % contre 49,6 % pour les francophones).
- Les Québécois d’expression anglaise d’âge mûr affichent un taux de chômage plus élevé que les francophones pour les personnes âgées de 45 ans et plus (les Québécois d’expression anglaise ont un taux de chômage de 10 % contre 7,4 % pour les francophones). Toutefois, à mesure que l’âge augmente, le taux de chômage des francophones s’accroît fortement, dépassant celui des Québécois d’expression anglaise.
- Parmi les personnes âgées de 45 à 64 ans, les francophones gagnent plus en revenu médian après impôts. À partir de 65 ans, les Québécois d’expression anglaise gagnent davantage.
- Une proportion plus élevée de Québécois d’expression anglaise d’âge mûr vit sous le seuil de faible revenu (pour les personnes âgées de 45 ans et plus, 7,5 % des Québécois d’expression anglaise, contre 4,7 % des francophones, vivent sous le seuil de faible revenu).
- Il existe cinq programmes d’emploi pour les Québécois d’expression anglaise d’âge mûr au Québec, tous situés dans la région de Montréal. Les fournisseurs de programmes ont indiqué que le principal problème dans leur écosystème est le manque de ressources et de soutien pour les programmes existants, ce qui leur permettrait de répondre plus efficacement aux besoins changeants de leurs clients.
- Les participants aux groupes de discussion ont indiqué que l’âgisme constituait un obstacle important à l’emploi et au maintien en emploi. Ils ont décrit comment les pratiques d’embauche et les mythes liés à l’âge ont eu un impact négatif sur le processus d’embauche et, pour ceux qui occupent un emploi, comment ils ont limité les opportunités qui s’offraient à eux.
- Les participants ont décrit les problèmes de santé mentale en raison de la longueur du processus de recherche d’emploi et de la réduction des possibilités, notamment la frustration, l’isolement, la dépression et l’anxiété.
- Les prestataires de programmes offrant des services d’emploi à une clientèle présentant des signes de mauvaise santé mentale ont indiqué qu’ils effectuaient souvent un travail socio-émotionnel important pour aider leurs clients à reconstruire leur confiance avant le processus de recherche d’emploi.
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