Montréal, le 4 décembre 2025 – Les écarts persistants en matière d’emploi et de revenu entre les Québécois d’expression anglaise et francophones coûtent à la province environ 1,5 milliard de dollars en pertes de revenus chaque année.
C’est la conclusion alarmante d’un nouveau rapport commandé par la Table ronde provinciale sur l’emploi (PERT). Le rapport analyse les revenus et les résultats en matière d’emploi des Québécois d’expression anglaise et francophones, tout en comparant les différences démographiques et celles du marché du travail.
« En n’ayant pas de stratégie claire et ciblée pour aider les Québécois d’expression anglaise à entrer sur le marché du travail, le Québec freine son propre potentiel économique à un moment où il est plus important que jamais de maintenir une économie forte », a déclaré Nicholas Salter, directeur général de la PERT. « Veiller à ce que les Québécois d’expression anglaise aient les compétences et les opportunités dont ils ont besoin n’est pas seulement un impératif social, c’est essentiel pour la prospérité économique de la province. »
Le rapport, rédigé par la Société de recherche sociale appliquée (SRSA), arrive à un moment charnière, alors que les droits de douane américains frappent l’économie canadienne et que le Québec s’efforce de réduire les obstacles au commerce interprovincial et à la mobilité des travailleurs.
La pénurie de main-d’œuvre est déjà aiguë dans les secteurs des soins de santé, des services sociaux et des technologies, et un meilleur soutien aux Québécois d’expression anglaise – qui représentent 15,8 % de la main-d’œuvre de la province – pourrait contribuer à combler ces lacunes.
PERT souligne que l’exploitation de ce talent est plus qu’une question d’équité. Le renforcement de la formation en français, l’amélioration des services d’emploi destinés aux Québécois d’expression anglaise et l’élaboration d’une stratégie inclusive en matière de main-d’œuvre contribueront à atténuer les pénuries, à élargir le bassin de main-d’œuvre et à renforcer la compétitivité du Québec sur la scène mondiale.
La résolution de ces disparités permettrait également d’augmenter les recettes fiscales et d’atténuer les pénuries de main-d’œuvre aiguës dans des secteurs clés tels que les soins de santé, la technologie et les services sociaux.
L’étude offre une image plus claire de ces disparités et de leur incidence sur les résultats économiques de la province.
Principales conclusions
– Des disparités existent : les Québécois d’expression anglaise gagnent moins et sont confrontés à un taux de chômage plus élevé, même après avoir pris en compte l’âge, le niveau d’éducation, le statut d’immigrant et d’autres facteurs liés au marché du travail.
– Impact économique : la réduction des disparités en matière d’emploi et de revenus pourrait générer 1,5 milliard de dollars de revenus supplémentaires par an.
– Écarts persistants : Les disparités persistent même après avoir pris en compte le niveau d’éducation, l’âge, le lieu de résidence et le statut d’immigrant. En particulier, les anglophones connaissent des taux de chômage plus élevés que leurs homologues francophones, tous niveaux d’éducation confondus.
– Perspectives d’avenir : sans changements visant à réduire les inégalités historiques, les écarts sur le marché du travail devraient persister dans tous les scénarios de croissance prévus jusqu’en 2028.
– Innovations méthodologiques : pour combler les lacunes en matière de données pertinentes pour les politiques, des méthodes de modélisation peuvent être utilisées pour générer des résultats actualisés sur le marché du travail, projeter les tendances entre les années de recensement et évaluer les écarts persistants en matière d’emploi et de revenus.
Pour combler ces écarts, la Table ronde provinciale sur l’emploi exhorte le gouvernement du Québec à :
– Mettre en œuvre une stratégie ciblée pour réduire les disparités en matière d’emploi et de revenus entre les Québécois d’expression anglaise et les francophones.
– Mettre en œuvre et promouvoir des politiques visant à attirer, à employer et à retenir les travailleurs d’expression anglaise au Québec.
« Les Québécois d’expression anglaise représentent un vivier de talents inexploités qui peuvent aider la province à traverser la période d’incertitude économique et à stimuler la croissance », a conclu Nicholas Salter. « Investir dans leurs compétences et leurs opportunités n’est pas seulement juste, c’est aussi une politique économique intelligente qui stimulera l’économie du Québec et profitera à tous les habitants de la province. »
À propos de PERT :
La Table ronde provinciale sur l’emploi (PERT) est une initiative multipartite à but non lucratif qui vise à relever les défis en matière d’emploi et d’employabilité auxquels est confrontée la communauté d’expression anglaise du Québec.
Contact médias :
Chad Walcott – Directeur des affaires publiques
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